September 27, 2020

SNPM

National Service for the Pastoral Care of Migrants

L’Eglise et les Migrants

Au cours des dernières décennies, l’Église catholique fut, en plusieurs endroits, sollicitée par des personnes sans-papiers ou demandeurs d’asile, ainsi que par leurs associations de soutien. Consciente de ses devoirs et de ses responsabilités à l’égard des migrants autant que des pouvoirs publics, au nom de sa fidélité au Christ, l’Église catholique s’est efforcée de vivre l’accueil et d’assurer un service de médiation. S’est ouvert alors un temps de questionnement et de débats face à des situations complexes et douloureuses. Beaucoup de chrétiens ont été confrontés à une réelle détresse matérielle et morale qui ne pouvait les laisser insensibles.

Le soutien apporté était assuré, en certains endroits, dans une tension forte : occupation de locaux d’Église, partenariat difficile avec certaines associations, grèves de la faim, incompréhension de la part des pouvoirs publics ou de l’opinion publique, etc. De nombreuses questions furent soulevées sur la façon d’accueillir des événements que les communautés chrétiennes n’avaient pas choisi de vivre, comment prendre en compte les demandes adressées, comment vivre la solidarité et construire un partenariat avec des associations de soutien, très diverses dans leurs objectifs et dans leurs pratiques militantes. À travers toutes les questions débattues qui se posent aujourd’hui encore et qui sont loin d’être résolues, se vit la recherche patiente et passionnée d’un chemin de fidélité à l’Évangile au coeur de situations complexes et douloureuses. Pendant de longs mois, nous avons entendu les découragements, les attentes, les tâtonnements et les questionnements des acteurs d’une solidarité au quotidien avec les personnes sans papiers et demandeurs d’asile. Il est clair aujourd’hui que l’action de l’Eglise catholique ne peut pas ignorer un engagement auprès des migrants en quête de solidarité, elle continue de se déterminer en fidélité à l’Évangile et à la tradition de l’Église.

La question posée par la présence des personnes demandeurs d’asile et sans papiers n’est pas d’abord une question posée à l’Église. C’est un défi lancé à notre société française mais encore à l’Europe pour qui l’immigration demeure une

chance. M. Kofi ANNAN, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, rappelait le 29 janvier 2004, devant le Parlement européen : « Le message est clair : les immigrants ont besoin de l’Europe, mais l’Europe a aussi besoin des immigrants. Une Europe repliée sur elle-même deviendrait plus mesquine, plus pauvre, plus faible, plus vieille aussi. Une Europe ouverte, par contre, serait plus juste, plus riche, plus forte, plus jeune, pour autant que vous sachiez gérer l’immigration. […] Les immigrants sont une partie de la solution et non une partie du problème. Ils ne doivent pas devenir les boucs émissaires desdivers malaises de notre société. 

La démarche responsable de l’Église catholique qui assume sa mission d’accompagner tous les hommes, de servir l’unité du genre humain et d’annoncer inlassablement l’Évangile. Celui-ci interroge d’abord les chrétiens – de toutes origines – au sein de l’Église sur leur capacité à accueillir des hommes et des femmes venus d’autres horizons.